Quantcast
Dimanche 22 mai 2011 7 22 /05 /Mai /2011 11:13

jour du saigneurmy soul to take

My soul to take, de Wes Craven (Etats-Unis, 2010)

Note : star.gif star.gif


Juste avant « Scream 4 », Wes Craven avait passé près de trois ans à monter « My soul to take », sur un scénario qu’il avait lui-même écrit, mais qui fut malheureusement un cuisant échec aux Etats-Unis, le condamnant par là même à ne toujours pas être sorti en France à ce jour, pas même pour un modeste DTV… Ce qui est en fin de compte une vraie tragédie pour le public français, tant le film est beau et intrigant ! (Enfin, aussi « beau » qu’un film d’horreur puisse l’être, bien entendu…)

« My soul to take » démarre très fort, avec une scène sacrément violente où l’on assiste à la mort d’un serial killer à personnalités multiples dans la petite ville de Riverton. Ce même soir naissaient sept enfants, et une légende locale prétend que les différentes personnalités du tueur se sont dispersées parmi ces nouveaux nés… Il se trouve alors que seize ans plus tard, le jour même de leur anniversaire, les sept jeunes gens se voient se faire mystérieusement assassiner les uns après les autres. Bien sûr, on pourra passer le reste du film à essayer de deviner qui est le tueur, ce qui finira évidemment par être dévoilé au moment opportun, mais très sincèrement, cette logique d’enquête policière n’est largement pas l’intérêt majeur du film…

Dans « My soul to take », Craven se plait à nous perdre dans un scénario complexe, où défile une multitude de personnages, dont les nombreux liens se mettent progressivement en place au cours de l’intrigue. Il s’amuse surtout à brouiller les pistes et à nous faire explorer des horizons autant divers que stimulants : personnalités multiples, perturbations psychologiques, phénomène de possession, vie et mœurs de jeunes lycéens perturbés par les évènements et par leurs hormones… Porté par une mise en scène toujours aussi efficace, le style du cinéaste se fait pourtant plus contemplatif parfois, et même poétique, osons le dire ! De la richesse des intrigues naissent des scènes tout bonnement saisissantes : un jeune homme coursant une jeune fille en forêt (séquence en pleine nature, donc !), deux jeunes gens se mimant soudainement (et sans raison apparente) comme s’ils étaient chacun d’un côté et de l’autre d’un miroir… Le personnage le plus intéressant demeure sans doute celui de « Bug », qui porte sacrément bien son nom tellement il s’agit d’un adolescent perturbé, affublé d’un mystérieux passé qu’il a oublié et suffisamment instable psychologiquement pour « buguer » au point de se soupçonner lui-même d’être le tueur… Skyzophrénie, quand tu nous tiens !

Malheureusement, il convient d’observer un bémol déroutant à la vision de « My soul to take » : s’il ne mérite largement pas la haine que lui a voué la critique américaine, on peut rester perplexe devant de nombreuses zones d’ombre et surtout un dénouement pas exempt d’incohérences… Enfin, remarquez que le tout finit par être si flou que tout aurait pu être possible ! Parions que ces légers couacs résultent cependant de la production désastreuse que le film a du traverser : outre des problèmes de changement de direction à la tête du studio et une diffusion dans les salles en 3D contre l’avis du cinéaste, Wes Craven a également été sommé de revoir sa copie en retournant des scènes, au motif que le public test n’appréciait pas la dernière partie du film. Du coup, ce dernier a du complètement changer les perspectives de son histoire, projet forcément éminemment casse-gueule : « A l’origine, explique-t-il dans « Les Cahiers du cinéma » n°666, la surprise était que chaque membre des « Sept de Riverton » [les sept ados] avait tué une fois, possédé par l’âme de l’éventreur. Personne n’a aimé ça, donc j’ai inventé une autre fin [dans laquelle] un seul gamin était le meurtrier ». Mais au fond, qu’importe : « My soul to take » s’élève bien au-dessus du tout-venant du cinéma d’horreur contemporain et fait preuve d’une sacrée créativité, celle d’un auteur toujours aussi culte et mythique du genre !

 

Mise en perspective :

- La saga "Scream" vue par Phil Siné

- Le jour du Saigneur

Par Phil Siné - Publié dans : En avant-première - Communauté : Webzine cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Retour à l'accueil

Recommandé par Phil Siné

sous surveillancejurassic park 3dmud
stokerpromised landtemps de l aventure

Le blog BD de Phil Siné

bande_de_sine-copie-1.jpg

Notation des films

à éviter
bof bof !
pas mal...
bien
très bien
brillant
chef d'oeuvre !

coeur coup de coeur !

Plus d'infos sur la notation

Au fil du mois...

Mai 2013
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

La cinémathèque de Phil Siné

On line

Wikio - Top des blogs - Cinéma

twitter logo

cinetrafic

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés