Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 12:13

le_vagabond.jpg

Le vagabond, d’Avishai Sivan (Israël, 2010)

Sortie le 30 mars 2011

Note : star.gif star.gif


« Le vagabond », c’est Isaac, qui traîne ses douleurs et sa solitude entre ses parents juifs ultra orthodoxes et le milieu médical qui en le soignant pour des calculs lui apprend qu’il est stérile… Entre les deux, il y a l’instruction religieuse et surtout ses longues errances dans des rues désertes, qui finissent par user ses chaussures…

Apre et radical, le film d’Avishai Sivan est surtout très stylé. La mise en scène très visuelle, se déroulant parfois en de superbes plans séquences contemplatifs parfaitement cadrés, nous fascine et nous emporte dans le monde sombre et cafardeux de son personnage : des ruelles sombres, une ville crasseuse, dont Isaac explore peu à peu les bas-fonds… Il y a une sécheresse intense dans « Le vagabond », qui par son économie de mots exhorte la puissance évocatrice et toute cinématographique de l’image ! L’amenuisement des dialogues, le plus souvent réduits à quelques bribes de mots, et les nombreux moments de silence, accroissent ainsi la solitude du jeune homme, qui se pose alors mille questions, sans jamais que tout cela ne soit trop explicite : pourquoi Dieu s’acharne-t-il sur lui ? est-ce la faute de son père, qui semble cacher un bien sombre passé ? Sa torture mentale le conduira à un acte horrible et inattendu, révélateur pourtant de sa traversée du désert et de son incapacité à « engendrer »…

Il y a une forme d’ironie du désespoir dans « Le vagabond ». La critique du religieux, et surtout de ses excès, passe en effet en partie par une forme d’humour tragique : alors qu’Isaac est anéanti par la douleur liée à ses calculs, son père lui demande s’il peut attendre la fin du shabbat pour se faire soigner, puis l’oblige à revenir à pied depuis l’hôpital après une consultation qui ne pouvait plus attendre, laissant marcher son fils dans un horrible calvaire… L’épisode des chaussures, aussi, est un moment presque savoureux. Mais l’ironie noire passe surtout par des excès symboliques presque absurdes : image d’un cafard à côté d’un préservatif usager, scène d’une prostituée qui perd ses lentilles de contact dans son propre vomi et qui demande à Isaac de l’aider à les retrouver… Dur et noir, mais sacrément bien vu visuellement, ce film s’offre comme une nouvelle pépite terreuse du cinéma israélien : véritable fable sur l’enfermement de l’homme, rongé par la faute et ses propres pulsions, voici une œuvre atroce, mais véritablement bouleversante !

 

Mise en perspective :

- Tu n’aimeras point, de Haim Tabakman (Fr.-Israël-All., 2009)

Par Phil Siné - Publié dans : A l'affiche en 2011 - Communauté : Critique de films à l'affiche ou cultes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Notation des films

à éviter
bof bof !
pas mal...
bien
très bien
brillant
chef d'oeuvre !
Plus d'infos sur la notation

Au fil du mois...

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

La cinémathèque de Phil Siné

Mes entrefilets ciné

Ecoutez Phil Siné en podcast dans l'émission "Kaboom" !

meilleur_chroniqueur_cinema_2011.gif

Top Cinéma 2009

Top Cinéma 2010

Top Cinéma 2011

scream saga

godzilla saga

Les lesbiennes tueuses au cinéma

alien

star wars saga

Mon cinémABC

Dans mon e-communauté !

Le Panoptique des Ciné-Blogueurs
palmares interblog
Mon Top 15 des films les plus Gay !

Mes 10 (et un peu plus...) films d'animation préférés !

Best-of du 3e millénaire : retrouvez les 21 meilleurs films du 21e siècle...
cobc blog membre
CLAP donnie
Ce blog est membre du CLAP !
Ce blog participe au palmarès interblog du cinéma
Ce blog appartient aussi au groupement des nouveaux cinéphiles !

On line

leplus nouvelobs

Wikio - Top des blogs - Cinéma

twitter logo

cinetrafic

ulike

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés