(Etats-Unis,
2012)
Sortie le 29 février 2012
Une bande de mâles solitaires travaillant dans le forage pétrolier en Alaska voit son avion se crasher en pleine tempête lors d’une mission, alors qu’ils survolaient un grand désert glacé… Les
rares survivants, non seulement peu optimistes quant à leur chance d’être retrouvés et secourus dans cette région sauvage, vont déchanter de plus belle lorsqu’ils comprendront qu’ils se sont
écrasés en plein « Territoire des loups », là où la meute n’a aucun état d’âme pour attaquer tous ceux qui ressemblent à une menace… John Ottway, payé justement pour protéger les autres hommes de
ces bêtes dangereuses
lors des forages, comprend très vite que leur seule chance de survie est de ne pas rester dans le coin, surtout quand les
animaux commencent à les décimer un à un !
Avec ce « survival » bestial et rugueux, Joe Carnahan nous offre un grand et beau spectacle, dont l’un des atouts est de nous immerger dans ces grandes étendues de neige de l’Alaska, partagées
entre montagnes rocheuses, forêts de pins démesurément hauts et rivières torrentielles… Si le décor est puissant par nature, son exploitation par le metteur en scène est en outre parfaitement
réussie ! La réalisation se révèle la plupart du temps très efficace et nerveuse dans des séquences d’action qui rythment avec régularité le long métrage : ça commence avec fracas avec le rendu
du crash de l’avion comme si on y était (super impressionnant !) et ça se poursuit honnêtement (bien qu’un peu moins puissamment, avouons-le) avec ici le massacre d’un loup ou là un saut
dantesque du sommet d’une montagne ! Frisson et suspense garantis…
Toute cette aventure, voyant peu à peu fondre le nombre de survivants à travers des morts pour le moins variées et originales (eh non, les loups ne font pas tout !), se double qui plus est d’une
vraie réflexion sur la nature humaine, car comme chacun le sait « l’homme est un loup pour l’homme », et même au milieu des loups, la connerie humaine continue à faire des ravages ! Mais là où le
bât blesse, c’est lorsque le film cherche à se faire plus sentimental et à verser dans une émotion bien malhabile lorsqu’elle est ainsi posée, assez platement, sur une atmosphère globalement
plutôt féroce et anxiogène… Ainsi, la psychologie des personnages, lorsqu’elle les éloigne de leur brutalité de mâles rustres, se révèle trop simpliste et caricaturale pour fonctionner : à
l’image du personnage de Liam Neeson, globalement très bien par ailleurs, dont les souvenirs de sa femme perdue et les pulsions suicidaires paraissent un peu balourdes… Mais cela ne suffit
néanmoins pas à gâcher notre plaisir, tant les sorties des rêveries du personnage sont efficacement amenées (la rudesse du retour à la réalité y est bien palpable !) et tant la cruauté et la
noirceur vers laquelle le scénario nous conduit sournoisement est intense : l’ultime séquence, renvoyant tout à la fois à l’absence de Dieu et à la barbarie comme vérité de la nature humaine,
s’avère par là même des plus implacable !
à éviter
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