L’art de séduire, de Guy Mazarguil (France, 2011)
Sortie le 27 juillet 2011
Note :
Petite friandise estivale, légère et inconséquente, « L’art de séduire », premier long métrage de Guy Mazarguil, se révèle pourtant comme une jolie et savoureuse comédie, pour le coup «
séduisante » à plus d’un titre…
Séduisante d’abord pour son intrigue pleine de fantaisie, qui prend pour anti-héros un psy amoureux d’une de ses patientes, qui se retrouve bien pris au dépourvu lorsque celle-ci se déclare
guérie et prête à arrêter sa thérapie… Qu’à cela ne tienne, c’est justement l’occasion ou jamais de la séduire, dans la mesure où le lien patient / thérapeute s’est envolé ! Sauf que le psy a un
problème de taille : il ne sait pas comment s’y prendre, plutôt maladroit avec les femmes… Il est d’ailleurs si désespéré qu’il accepte d’être coaché pour des leçons de drague par un autre de ses
patients, dragueur invétéré… Tout cela paraît absurde, mais c’est justement ce qui donne au film son charme, d’autant plus que tout s’enchaîne à merveille, avec une belle fluidité et un rythme
assuré.
Séduisante aussi pour cet ensemble de situations cocasses et décalées, qui offrent au film son ton comique particulier. A l’aide de dialogues finement théâtralisés, le réalisateur donne à voir
toute une série de saynètes bien souvent irrésistibles et pétillantes… Jolis moments de solitudes quand le psy est invité chez celle qu’il convoite et qu’il découvre son épouvantable intérieur,
dont il ne sait trop que dire, puis qu’il doit supporter la présence d’un concurrent, avec qui il échange une vraie joute oratoire plutôt qu’en venir aux mains… Si les quiproquos guident
plaisamment l’histoire, on adore ces moments cocasses où l’on voit le personnage principal essayer vainement de draguer tout ce qui bouge dans la rue ou lorsqu’on apprend que sa passion est de
prendre en photo des poissons morts… Poissons qui se mettent d’ailleurs peu à peu à nager à travers les plans, effets de mise en scène aussi décalés que les nombreuses scènes de cette comédie
funambulesque.
Séduisante enfin, et peut-être surtout, pour le jeu de ses acteurs dont on pourrait si facilement tomber amoureux… On retiendra surtout Mathieu Demy, bien sûr, qui excelle dans le rôle du garçon
maladroit, aux pauvres blagues qui tombent à plat, qui plus il s’applique à draguer, plus il s’enfonce dans la lourdeur et le n’importe quoi… Mais il y a aussi la splendide Valérie Donzelli, que
l’on retrouve dans quasiment tous les films français du moment, et dont on tombe immédiatement sous le charme, absolument séduit par son personnage exubérant se laissant porter par sa folie
douce… Elle monopolise magnifiquement toute notre attention à la fin du film, par le biais d’une longue tirade hallucinante, qu’elle déblatère tout d’un trait dans le cabinet du psy : un pur
moment de comédie, mêlé à une belle émotion, que l’on n’oubliera certainement pas de sitôt !
Mise en perspective (spéciale Valérie Donzelli) :
- Belleville Tokyo, d’Elise Girard
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