L’amour dure trois ans, de
Frédéric Beigbeder
(France, 2011)
Sortie le 18 janvier 2012
Note :
L’amour dure trois ans, peut-être, mais en tout cas « L’amour dure trois ans » dure, lui, une heure et trente-huit minutes… La boutade ayant été faite, il convient maintenant d’avertir mon
lecteur que mon roman de plage était justement « L’amour dure trois ans » l’été dernier et que j’ai donc pu en découvrir l’adaptation au cinéma, par son auteur lui-même, cette semaine…
Si établir une comparaison entre le livre original et l’adaptation qui en est faite pour le cinéma s’avère rarement pertinente, elle me semble plus adaptée dans le cas d’un romancier qui porte
lui-même son texte à l’écran, en s’improvisant alors apprenti cinéaste, comme c’est justement le cas de Frédéric Beigbeder ici… Force est de constater qu’il s’en sort plutôt bien, le bougre,
précisément parce qu’il a compris qu’il était nécessaire d’« adapter » plus que de platement « retranscrire » ! Du coup, le cinéaste trahit en partie l’auteur dans une schizophrénie rieuse, en
enlevant ici ou en ajoutant là, l’élément bonus le plus intéressant du film étant peut-être cette mise en abyme du roman de l’auteur dans le scénario, donnant lieu à une échappée amusante dans le
monde de l’édition…
Mais là où le cinéaste surpasse le romancier, c’est en modifiant la fin même de son texte, qui m’avait tant agacée l’été dernier… Là où la conclusion du livre rendait caduc (pour ne pas dire
mensonger) le titre même de l’œuvre, le film s’achève avec une « vague » incertitude (au sens stricte, j’ai envie de dire) quant à la relation du couple et à son avenir (avec cet impression de
tsunami apocalyptique en arrière fond de leur baiser de cinéma…)
Bon, Beigbeder ne marquera probablement pas l’histoire du cinéma avec ce film, comme il ne marquera certainement pas l’histoire de la littérature avec ses romans… Mais il parvient cependant à
nous divertir agréablement avec cette jolie comédie romantique, moderne et enlevée, ce qui vous en conviendrez est quand même déjà pas mal ! Avec un talent qu’on lui connaissait déjà, il
manifeste habilement son sens de la formule et de l’à-propos dans des dialogues joyeux et décalés et dans une histoire sympatoche et loufoque que porte plutôt agréablement Gaspard Proust et
Louise Bourgoin… Et même si nos réminiscences du film ne devraient certainement pas durer plus de trois ans (mais alors vraiment pas !), comment en vouloir le moins du monde à un film qui rend un
si joli hommage à la musique de Michel Legrand ?
à éviter
bof bof !
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