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Samedi 1 septembre 2012 6 01 /09 /Sep /2012 19:13

keep_the_lights_on.jpg (Etats-Unis, 2012)

Sortie le 22 août 2012

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Inspiré de sa propre relation, longue et difficile, avec un garçon sous l’emprise de la drogue, Ira Sachs signe avec « Keep the lights on » une belle et tragique histoire d’amour, au naturalisme souvent désarmant… Si la relation amoureuse est ici homosexuelle – mais c’est après tout aussi celle qu’a vécu l’auteur –, force est de constater pourtant qu’elle tend à se rendre universelle. Erik et Paul sont avant tout deux personnes qui tombent amoureuses et que l’addiction de l’un d’eux va progressivement éloigner, puis séparer à jamais… Bien sûr, il y a un univers et des mœurs en partie symptomatiques de la communauté gay (les réseaux de rencontres, la pratique décomplexée du sexe…), mais le message que le cinéaste cherche à faire passer dans la description de cette relation est celle d’une vérité humaine, avec laquelle chacun pourra trouver des points d’accointance.

Ce qui frappe le plus à la vision de « Keep the lights on », c’est probablement cette mise en scène sobre et méticuleuse, à la fois douce et précise, détaillée et soignée… La photographie du film est tout bonnement sublime et le regard que Sachs porte sur ses personnages est d’une grâce incroyable, même lorsqu’il les filme dans des situations où ils ne sont pas vraiment à leur avantage… On sent qu’il aime les êtres qu’il filme jusque dans leurs défauts et leurs fêlures… Sans les excuser, il leur porte un amour, une tendresse, qui les rend profondément vivants à nos yeux !

Il se dégage d’ailleurs du film un réalisme impressionnant, autant dans la mise en scène que dans l’interprétation des acteurs, tous les deux intensément crédibles, qu’il s’agisse de Thure Lindhardt ou de Zachary Booth… Au fil de scènes qui prennent toujours le temps d’installer les choses et les gens, « Keep the lights on » n’a jamais peur des plans qui durent et des silences, qui ponctuent les conversations et qui en disent parfois plus long que tout le reste… Le réalisateur insiste sur les gestes, sur les regards, sur les non-dits, et le film en gagne en beauté et en subtilité ! L’amour est décrit jusque dans ses impasses, ses souffrances et ses impossibilités : on touche l’intériorité et le cœur des personnages du bout des doigts et c’est tout simplement un émerveillement de tous les plans…

Jeu express : la première personne à en faire la demande en commentaire (avec une adresse mail valide) gagne un superbe magnet de l'affiche du film pour décorer son frigo !

Par Phil Siné - Publié dans : A l'affiche en 2012 - Communauté : Culture gay et lesbienne
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