J’ai rencontré le Diable, de Kim Jee-woon (Corée du Sud, 2010)
Sortie le 6 juillet 2011
Note :
La frilosité des distributeurs rend la sortie en salles de films comme « J’ai rencontré le diable » malheureusement plutôt rare, destinant généralement ces œuvres au marché de la vidéo :
réjouissons-nous donc plus que jamais de pouvoir découvrir aujourd’hui ce film de Kim Jee-woon sur un grand écran, place qu’il mérite amplement ! Si l’ultraviolence de ce type de longs métrages
sud-coréens, et peut-être plus encore leur caractère « transgenre » (dans le sens « à la croisée de plusieurs genres cinématographiques »), rend peut-être leur exploitation complexe sur un marché
standardisé et devant un public lobotomisé aux blockbusters hyper calibrés, il convient cependant de glorifier leur extrême qualité… « J’ai rencontré le Diable » tient par exemple tout autant du
mélodrame que du polar, du thriller ou du film d’horreur, à travers une histoire de vengeance redoutable, celle d’un flic dont un tueur en série a sadiquement assassiné la fiancée… enceinte, bien
sûr ! (sans quoi ce serait tout de suite moins drôle…)
Devant l’esthétique foncièrement glauque et la mise en scène brillamment efficace du film de Kim Jee-woon, on pense très vite au cinéma de Park Chan-wook (sa trilogie sur la vengeance, achevée
avec « Old boy », demeure dans toutes les mémoires !) ou plus récemment à des films comme « Slice »… On se situe dans un cinéma de l’outrance, mais une outrance tellement assumée et presque
revendicative qu’elle en devient jubilatoire et désirable ! Les scènes d’action sont impressionnantes, les séquences de tortures s’avèrent joyeusement douloureuses, et la violence inonde le long
métrage d’une noirceur étincelante. D’un scénario classique mais bien construit, le réalisateur tire un film rythmé et toujours percutant, impeccablement incarné par des acteurs convaincants
!
Mais là où « J’ai rencontré le Diable » se révèle plus fort encore, c’est qu’il ne se limite pas à effrayer ou à divertir sous la forme d’un éclatant thriller gore… A travers l’affrontement de
ces deux personnages, qui semblent au bout du compte jouer à qui sera le plus pervers et le plus sadique, le film se lance en effet dans une pertinente réflexion sur la vengeance, sur sa folie,
sa barbarie et son absurdité, mais aussi peut-être plus encore sur la nature profonde de l’homme… Le film se fait presque métaphysique et carrément nihiliste, laissant ses personnages sombrer
doucement dans l’impasse finale, tout bonnement monstrueuse, dans tous les sens du terme ! La citation de Nietzsche en ouverture du long métrage se révèle alors parfaitement raccord avec
l’histoire : "Que celui qui lutte avec des monstres veille à ce que cela ne le transforme pas en monstre. Si tu regardes longtemps au fond de l’abîme, l’abîme aussi regarde au fond de toi.” Le
cinéaste pose finalement la question de la morale, mais en s’abstenant habilement d’y répondre, se contentant de nous bouleverser avec le terrible destin de son beau personnage principal,
transformé à la fin en véritable monstre, pleurant pourtant sincèrement… paradoxe éternel de la nature humaine !
à éviter
bof bof !
![]()
pas mal...
bien
![]()
très bien
![]()
![]()
brillant
![]()
![]()
![]()
chef d'oeuvre !
Plus d'infos sur la notation
Où aller voir des films ?
La Filmothèque du Quartier Latin
Les sites essentiels !
Nanarland
Ecoutez Phil Siné en podcast dans l'émission "Kaboom" !
Les lesbiennes tueuses au cinéma
Le Panoptique des Ciné-Blogueurs

Mon Top 15 des films les plus Gay !
Mes 10 (et un peu plus...) films d'animation préférés !
Best-of du 3e millénaire : retrouvez les 21 meilleurs films du 21e
siècle...

Ce blog est membre du CLAP !
Ce blog participe au palmarès interblog du cinéma
Ce blog appartient aussi au groupement des nouveaux cinéphiles !
Vos derniers avis