(France,
2012)
Sortie le 22 août 2012
Avec son titre que l’on pourra juger un peu ridicule et son « packaging » apparent de comédie française assez commune, « Du vent dans mes mollets » se révèle pourtant une belle surprise à plus
d’un titre… A vrai dire, on ne s’attend pas à grand chose en y allant et l’on se retrouve bientôt porté par mille émotions en le découvrant ! Car cette adaptation d’un roman de Raphaële Moussafir
par Carine Tardieu, qui cosigne le scénario avec l’auteur, est un pur moment de bonheur inattendu, dont la finesse d’écriture et d’interprétation fait véritablement plaisir à voir…
« Du vent dans mes mollets », c’est l’histoire de Rachel, 9 ans, qui va voir sa vie s’animer un peu plus au contact de Valérie, une autre enfant de son âge : cette nouvelle relation lui permet un
peu plus de fantaisie et d’échapper un peu au train-train quotidien du foyer… Du côté de ses parents, justement, la relation du couple semble se remettre en question au contact de la mère
célibataire de Valérie, troublant visiblement le papa… Tout cela a l’air certes bien banal, et pourtant il y a un ton rafraîchissant et un style vraiment original qui souffle sur cette jolie
comédie douce amère ! Il faut dire que le charme des acteurs n’est largement pas étranger au plaisir que l’on prend devant le film : si les deux petites filles sont d’un naturel désarmant
(Juliette Gombert et Anna Lemarchand), le triangle amoureux formé par les adultes est absolument savoureux… Denis Podalydès est comme toujours formidable dans son rôle de papa un peu tête en
l’air et attachant, Agnès Jaoui renouvelle avec conviction son jeu qui était depuis trop longtemps resté sur le même registre, et Isabelle Carré est une fois encore radieuse et d’une belle
subtilité.
On s’amuse en outre de l’humour et de la fantaisie qui traversent de bout en bout ce film entraînant, ponctué en sus de belles trouvailles de mise en scène… Quand la cuisine miteuse du personnage
incarné par Podalydès lui tombe littéralement sur la tête, alors qu’il vient de refaire la cuisine de la mère de Valérie, le gag est tout simplement hilarant, mais la drôlerie passe généralement
par une plus grande finesse, à travers des situations coquasses, qui évoquent la vie quotidienne et qui savent toujours demeurer profondément humaines… Le côté « vintage » du film amène en outre
beaucoup de charme nostalgique à l’ensemble (cet esprit très années 80, déjà une autre époque, à la fois si lointaine et si proche pour tous ceux qui y ont grandi…), mais c’est à travers le
finale brutal et douloureux que « Du vent dans mes mollets » prend une hauteur insoupçonnée, en décrivant l’entrée injuste et réaliste de la jeune héroïne dans l’âge adulte, presque malgré elle…
Perspective :
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