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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 21:13

dark_shadows.jpg (Etats-Unis, 2012)

Sortie le 9 mai 2012

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Très attendu (au tournant), le nouveau film de Tim Burton se situe finalement nettement au-dessus de la médiocrité de son dernier opus (l’adaptation trop disneylandisée d’« Alice au pays des merveilles ») mais malheureusement bien en-deça de l’excellence de son avant-dernier (« Sweeney Todd »).

Adapté d’un obscur « soap opera » fantastico-gothique de la fin des années 60 à la télévision américaine, « Dark Shadows » commence pourtant plutôt très bien, avec un récit à travers les âges totalement « Burton », à base d’histoire d’amour impossible, de malédiction, de sorcière et de vampire… Le cinéaste excelle d’ailleurs toujours autant à nous plonger dans un univers époustouflant et frénétique, traversé de personnages hauts en couleurs et de décors grandioses et ténébreux (le manoir de la famille Collins, notamment, rempli de recoins secrets et de portes dérobées). On se laisse ainsi happer assez plaisamment par cette histoire fantastique, d’où la densité comique émerge en outre abondamment : le sombre héros (ha ha !) Barnabas est un vampire qui découvre le monde de 1972 après avoir été enfermé près de deux siècles dans un cercueil enfoui sous terre, autant dire qu’il n’est pas au bout de ses surprises ! En découvrant l’enseigne d’un MacDonald, il croit par exemple y voir la maison de Méphistophélès… Une forme de parodie s’imprime également parfois à l’image, notamment lors d’une scène d’amour irrésistible entre le vampire et la sorcière du récit, dont la puissance et la violence révèle une outrance visuelle délirante !

Cependant, si l’on s’amuse souvent, on s’ennuie également parfois, la faute sûrement à un scénario bien mince étiré par quelques rebondissements inutiles et une énumération de personnages au développement pas toujours très habile… La dernière partie du long métrage se révèle en cela presque exaspérante, tant la profusion d’éléments à l’écran semble masquer une certaine béance dans le contenu… C’est bien dommage, d’autant que les acteurs sont tous savoureux : Eva Green en sorcière vengeresse, Michelle Pfeiffer en matriarche épatante, Helena Bonham Carter en psy alcoolique… et bien sûr Johnny Depp, qui incarne une nouvelle fois l’une de ces créatures étranges et ambiguës que Tim Burton aime le voir endosser (ici un vampire capable du meilleur comme du pire). On sort au final de « Dark Shadows » plutôt distrait et amusé, mais avec un étrange sentiment d’inachevé… On s’interroge en outre sur la capacité du réalisateur que l’on a tant aimé à se renouveler, tant ce film-là ressemble à ce que l’on connaît déjà de lui… Une tendance à la répétition qui ne serait pas tant gênante si on ne décelait pas en elle un certain opportunisme et un manque cruel de sincérité de la part de son auteur…

Perspective :

- Alice au pays des merveilles 3D, de Tim Burton

Par Phil Siné - Publié dans : A l'affiche en 2012 - Communauté : Autres Mondes...
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