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Mardi 28 août 2012 2 28 /08 /Août /2012 09:13

cornouaille.jpg (France, 2011)

Sortie le 15 août 2012

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Suite à la mort de sa tante, Odile hérite d’une grande maison sur la côte bretonne. Partagée entre son agence de voyages qui marche bien et un homme marié dont elle est la maîtresse, elle se rend sur place avec la ferme intention de la vendre le plus rapidement possible et d’en être débarrassée. D’un tempérament assez froid et parfaitement urbain, pour ne pas dire parisien, elle n’a que faire d’une villa dans une région aussi sauvage, quand bien même celle-ci renferme tant de souvenirs familiaux…

Les premiers instants dans la maison se révèlent d’ailleurs douloureux pour Odile, celle-ci se remémorant la mort de son père sous ses yeux, alors qu’elle n’était encore qu’une enfant. Orpheline avant l’heure, elle s’est alors complètement renfermée sur elle-même, ayant bien du mal aujourd’hui à exprimer ses sentiments… Pourtant, ce séjour en Cornouaille se transforme peu à peu en véritable thérapie, notamment au gré des rencontres qu’Odile y fait. D’abord méfiante, elle comprendra bien vite qu’il lui reste encore beaucoup à faire avec ses morts : tous ceux qu’elle a laissé enterrer son enfance… L’apparition d’un mystérieux ami d’enfance, peut-être son premier amour, ou de cousins venus d’on ne sait où, semble comme autant de revenants pour lui rappeler son passé, jusqu’à ce que les fantômes de son père et de sa mère viennent eux-mêmes lui taper la causette… L’incertitude entre le fantasme et la réalité rend le film ambigu, nous laissant progressivement glisser dans le monde intérieur de son beau personnage principal…

C’est cette atmosphère semi-fantastique qui frappe et que l’on aime dans « Cornouaille » : Vanessa Paradis est touchante dans ce mélange de drame intimiste et de fantastique discret… Anne Le Ny évoque avec un charme subtil les légendes et les mythes celtiques, tous à base de morts et de fantômes… Le merveilleux s’invite avec une grâce surprenante dans ce film à la tension toujours apaisée, comme si l’acceptation d’évènements surnaturels par l’héroïne était aussi la résolution d’une partie de son mal-être et de ses difficultés à communiquer avec l’autre… La réalisatrice réussit par touches successives la description intime d’une faille tout autant que celle d’un monde où survivent la magie et des croyances en lien avec l’au-delà : entre deux mondes, mais aussi entre deux styles, liant miraculeusement le film d’auteur et une atmosphère moins réaliste… et si c’était cela, au fond, le véritable cinéma de genre à la française ? D’avantage l’union a priori impossible de partis pris que l’on croyait jusqu’alors opposés que l’imitation pure et simple des codes du cinéma anglo-saxon comme d’autres exemples peu glorieux l’avait tenté jusqu’alors… Faisant toujours fi des clichés et changeant de cap avec un bel air de défi à chacun de ses films, Anne Le Ny surprend une nouvelle fois avec ce film unique et enthousiasmant !

Perspective :

- Les invités de mon père, d’Anne Le Ny

Par Phil Siné - Publié dans : A l'affiche en 2012 - Communauté : partage
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