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cheval_de_guerre.jpg Cheval de guerre, de Steven Spielberg

(Etats-Unis, 2011)

Sortie le 22 février 2012

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Steven Spielberg aurait-il tout du parfait petit alchimiste ? Quel autre cinéaste serait-il en effet capable avec autant d’aisance et de simplicité de transformer le plomb en or ? Avec « Cheval de guerre », il prouve que même à partir d’une histoire niaiseuse au possible, tirée d’un roman pour enfants de Michael Morpurgo, il est capable de livrer un immense film ! Ainsi, cette histoire d’amitié entre un jeune homme et son cheval séparés par la guerre mais qui finiront par se retrouver miraculeusement devient devant sa caméra un récit passionnant et vibrant, romanesque et incroyable, dans lequel tout passe sans que l’on n’ait rien à en redire et cela en l’espace d’un instant, alors même que le film avoisine la durée des deux heures et demi… Un vrai petit « miracle » de cinéma, en somme !

Pour réussir un tel exploit, il faut dire que Spielberg embrasse son scénario avec une fougue et une flamboyance folles, ne reculant devant aucune fantaisie, filmant en fin de compte l’amitié d’Albert le garçon et de Joey le cheval comme une véritable histoire d’amour, romantique et passionnée ! C’est avec un rythme époustouflant et effréné, aussi désarçonnant qu’un cheval au galop pourrait-on s’amuser à dire, que le cinéaste se lance dans une frénésie d’aventures et de rebondissements rocambolesques, depuis le dressage (l’éducation ?) de Joey par Albert dans la campagne anglaise jusqu’à leurs retrouvailles inespérées dans les derniers grondements des tranchées de la première guerre mondiale… Entre temps, nous aurons vécu leur séparation déchirante, lorsque le père d’Albert vend Joey à l’armée britannique, les péripéties incroyables et improbables du cheval entre les deux camps ennemis qui s’affrontent, les déboires d’Albert engagé dans le conflit pour retrouver son ami équidé… Le tout donnant lieu à des séquences visuelles incroyables et admirables, depuis des reconstitutions impressionnantes du conflit jusqu’à Joey cavalant apeuré sur le champ de bataille, traversant les tranchées pour finir par se prendre dans un enchevêtrement terrifiant de fils barbelés…

En utilisant une atmosphère de conte de fées, « Cheval de guerre » conserve une candeur et une naïveté à la fois très sérieuse et sincère pour montrer la tragédie historique qui entoure Albert et Joey avec un regard touchant et particulier. Dès la naissance du cheval (scène à la grâce enchanteresse  où l’on se croirait presque dans « Bambi »), le film revêt une dimension merveilleuse : elle se poursuit tout au long du récit en se confrontant pourtant à l’horreur de la guerre, qui nous est ainsi montrée sans fard mais avec les yeux de l’innocence… Cette thématique purement spielbergienne est à son comble lorsque sur un champ de bataille, un soldat allemand aide un soldat anglais à dégager  le cheval de sa prison de fils barbelés… Et puis il y a cette manie de l’ellipse lorsqu’il s’agit de montrer le moment de la mort : lorsque le soldat anglais qui monte Joey meurt désarçonné par une balle, on ne le voit ainsi par tomber de cheval (un premier plan nous le montre galopant sur sa monture, un second plan nous montre un soldat allemand tirant, un dernier plan nous montre Joey courant seul sans son cavalier), et lorsque deux enfants soldats sont exécutés pour désertion, l’aile d’un moulin recouvre pudiquement l’instant fatal, pour ne laisser voir ensuite que les deux jeunes corps à terre…

S’il y a constamment chez Spielberg une forme de « magie » de la représentation, on retrouve également dans son « Cheval de guerre » une forme très classique de faire du cinéma : un récit clair et chronologique, une mise en scène forte et grandiose, une émotion vibrante et toujours vraie… On admire aussi l’économie de dialogues, qui permet au film de dire l’essentiel par sa forme, ses images et la puissance de son style, jusqu’à cette fin entièrement muette autour des retrouvailles familiales, portée par des lumières presque fantastiques et le lyrisme de la musique de John Williams… On a beau se demander comment cela est possible, on ne peut que rester sensible à la pure émotion de la magie incomparable du cinéma de Spielberg !

Autres films de Steven Spielberg :

- Les aventures de Tintin : le secret de la Licorne

- E.T. l’extra-terrestre

- Sugarland Express

Par Phil Siné - Publié dans : A l'affiche en 2012 - Communauté : Les films : outil de culture
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