Animal Kingdom, de David Michôd (Australie, 2010)
Sortie le 27 avril 2011
Note :
Joshua a 17 ans lorsque sa mère meurt d’une overdose sur le canapé même où il est assis, en train de regarder passivement une émission débile à la télé… Un événement qui semble à peine le
bouleverser, tant on a l’impression que la vie passe sur lui sans le toucher vraiment. Il sera recueilli par sa tante, qui vit avec ses grands fils, qui sont en réalité d’affreux criminels… A
partir de là, Joshua sera entraîner dans la spirale de l’enfer du crime, sans savoir encore s’il doit l’accepter ou la fuir, d’autant que la police cherche à l’aider pour arrêter ses affreux
tueurs de cousins !
Sous des allures de polar familial bien noir, « Animal Kingdom » prend très vite la voie de la grande tragédie classique, où trahison et vengeance occupent les âmes torturées des mortels ! On
reste scotché et fasciné devant ces histoires de famille sombres et violentes, qui vont peu à peu signer la déchéance de ses différents membres… Le film tourne autour du personnage de Joshua, qui
découvre un univers inédit, même si l’on peut supposer que la vie ne l’avait de toute façon pas épargnée jusque-là : derrière des airs de grand dadais apathique se cache visiblement une vie
intérieure de touchante mélancolie et de perpétuelle dépression… On verra le garçon se transformer tout doucement en cours de route, s’endurcissant visiblement à chaque nouveau coup reçu. Le jeu
de l’acteur débutant James Frecheville est finalement très fin, au point de nous laisser complètement éberlué devant un finale inattendu et sec, achevant une sinistre et cynique éducation dans ce
récit d’apprentissage définitivement tragique ! Au milieu des gangsters se révèle également un autre personnage fort : celui de la mère (incarnée par l’excellente Jacki Weaver), qui cache bien
son jeu de matriarche solide et manipulatrice derrière ses airs de mère poule aimante et attentionnée…
Mais le scénario d’« Animal Kingdom », brillant et passionnant, est surtout porté par une image impeccable et une mise en scène sobre et classieuse, où se bousculent des références majeures dans
le domaine du film mafieux ! L’élégance de l’australien David Michôd est en effet le résultat de nombreuses influences, essentiellement nord-américaines : on y retrouve la mythologie d’un «
Parrain » de Coppola, la maestria des « Affranchis » de Scorsese, le classicisme des films noirs de James Gray ou encore la violence sèche des « Promesses de l’ombre » de David Cronenberg… Mais
nulle intention ici de singer ces grands noms du cinéma, Michôd semble plutôt exceller à en faire la synthèse, en montrant qu’il a non seulement digérer les leçons de cadrages de ses aînés, mais
qu’il a su aussi en tirer un grand film incarné, viscéral et stylisé…
à éviter
bof bof !
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