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Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /Jan /2010 13:13
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Entre les deux films de commande que sont "Le parrain 1" et "Le parrain 2" et qui contribueront d'ailleurs très largement à sa notoriété, Francis Ford Coppola réussit le pari de glisser un autre film plus personnel et aux frontières du cinéma expérimental, qui recevra rien de moins que la Palme d'or au Festival de Cannes en 1974. Peut-être un peu surestimé, empreint d’une recherche formelle un brin ampoulée, le film n’en demeure pas moins surprenant et diablement intéressant…  Coppola y filme une sorte de détective (Gene Hackman) chargé d’espionner un couple sans savoir exactement pourquoi. En écoutant l’une de leur conversation, il va commencer à se demander s’il n’est pas lié à une sombre affaire de meurtre… L’homme va écouter la bande de façon obsessionnelle et le film nous montre avec une précision impressionnante une plongée dans sa folie compulsive. Ecoutant en boucle l’enregistrement dont certains passages sont moins audibles que d’autres, il glisse progressivement d’une écoute objective à une interprétation subjective de la situation… Tout le film paraît assez mystérieux et possède une vraie valeur esthétique : filant la métaphore de l’écoute en profondeur, il joue avec l’oreille des spectateurs en proposant une bande sonore des plus déstabilisante, passant brutalement de murmures à peine audibles à une voix forte et distincte, brouillant les sons ou les superposant, parfois jusqu’à la saturation, d’autres fois jusqu’à l’absence tout aussi perturbante de sons. Par le brouillage émis par les pistes d’enregistrement qu’écoute le personnage, le cinéaste s’amuse justement à brouiller les pistes pour le spectateur. Il le déconcerte par l’ouïe, mais aussi par la vue, puisqu’il accompagne son travail de recherches sonores par une mise en scène tout aussi détaillée et significative. La caméra semble constamment en recherche de ses sujets dans des plans jouant sur un effet de mouvement et de durée, de la même façon que le personnage recherche des sons sur ses bandes. Dans le champ visuel rentrent ainsi divers objets que le spectateur ne devrait finalement pas voir, ce qui intensifie et redouble par là même les effets de brouillage et de voile sur un film qui refuse d’orienter le regard de son public. Il y a quelque chose de profondément existentiel dans la démarche de Coppola, qui semble nous dire que toute quête de vérité est vaine, car elle ne débouche que sur une interprétation des choses et non sur les choses elles-mêmes…
Par Phil Siné - Publié dans : Dans le rétro (1970-2000) - Communauté : Cinéastes et passionnés
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Commentaires

j'admire tes connaissances cinématographiques
Bien à toi !
Commentaire n°1 posté par bernard le 14/01/2010 à 15h22
merci !
et bien à toi aussi... ;)
Réponse de Phil Siné le 15/01/2010 à 00h00

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